Energie
Éclairage public : quel impact sur la consommation d’énergie ?
Lors de la crise énergétique de 2022, la plupart des communes wallonnes ont coupé l'éclairage public la nuit, entre 00h01 et 05h00 du matin. Cette mesure, développée par ORES, avait permis d'amortir la flambée des prix suite à la guerre en Ukraine — l'éclairage représentant alors jusqu'à la moitié de la facture électrique communale.
En parallèle, ORES mène, depuis 2020, un vaste chantier de remplacement des anciennes lampes par des LED, bien plus économes. Or, dans les communes où cette transformation est achevée, une question a émergé : faut-il maintenir l'extinction ou rallumer l’éclairage public pendant la nuit ?
Analysons quelques chiffres
Selon ORES, une commune équipée à 100% de LED et qui pratique l’extinction en semaine uniquement peut effectivement réduire sa consommation d’énergie en mettant fin à cette extinction. Laisser l’éclairage allumé la nuit (la semaine et le week-end), mais en diminuant l’intensité de 50% entre 22h et 6h permet alors de réduire de 4% la consommation.
Un détail technique explique ce paradoxe. Les LED sont programmées pour réduire leur intensité de 50 % entre 22h et 6h. Mais ce système nécessite un cycle de fonctionnement continu durant la nuit et sur trois jours consécutifs. Donc, si l'éclairage est coupé chaque nuit de la semaine, ce cycle d'apprentissage ne se termine jamais : les lampes tournent alors à pleine puissance durant tout le week-end.
Comparons les résultats sur une semaine :
* couper 5h par jour pendant 5 jours équivaut à 25h d'économie,
* tandis que réduire de 50 % pendant 8h, 7 jours sur 7, équivaut à 28h d’économie, soit environ 4 % d'économie d'énergie en faveur du rallumage.
100% du parc en LED pour faire des économies ?
Le calcul précédent appelle cependant deux nuances essentielles. D'abord, il ne vaut que si 100 % du parc est en LED. A Nivelles, ce taux atteint actuellement 49 %, la fin des travaux étant planifiée par ORES pour 2029. Ensuite, il compare le rallumage à l'extinction partielle (semaine uniquement), pas à l'extinction totale, y compris le week-end, pratiquée en 2022. Or celle-ci reste, elle, plus économe en énergie que n'importe quelle configuration avec éclairage rallumé, même à 100 % LED. C'est d'ailleurs la tendance qui se dessine en France, où plus de 60 % des communes étudiées appliquent désormais une extinction totale.
Au-delà du calcul, la directive européenne sur l'efficacité énergétique consacre un chapitre entier à l'exemplarité des autorités locales dans la lutte contre le changement climatique. Cette exigence s'appuie sur un principe simple : dans la chaîne de transformation d'une ressource en énergie utile, chaque maillon génère des pertes. Parcourir 100 km en voiture nécessite en théorie 1,5 litre de carburant ; dans les faits, environ 5 litres sont brûlés. Mais c'est encore plus si on tient compte de la chaîne complète : le transport du carburant, son extraction et surtout l'usure du véhicule pour chaque kilomètre parcouru. Avoir un véhicule qui consomme deux fois moins c'est très bien mais parcourir 50km au lieu de 100km sera toujours plus intéressant. C'est le principe de la sobriété.
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