Sécurité

Quand le manque d'éclairage nourrit le sentiment d'insécurité

À l'automne 2025, la Zone de Police Nivelles-Genappe lançait une vaste enquête citoyenne afin de mieux comprendre les attentes et les préoccupations des habitants dans le cadre de l'élaboration de son Plan zonal de sécurité. 880 citoyens ont pris le temps de partager leur avis. Une seconde enquête, consacrée au sentiment d'insécurité en centre-ville, est venue compléter la première et a recueilli 947 réponses.

Les résultats révèlent une chose essentielle : si les habitants se sentent majoritairement en sécurité durant la journée, leur perception change nettement une fois la nuit tombée.

Parmi les facteurs qui alimentent ce sentiment d'insécurité, un élément revient avec insistance : l'absence ou l'insuffisance d'éclairage public. Les répondants citent notamment certains parkings, les abords de la gare ou encore des cheminements peu éclairés où la visibilité est réduite. Dans ces endroits, l'obscurité renforce le sentiment de vulnérabilité, d'autant plus lorsqu'elle est associée à la présence de personnes sous influence ou à une faible visibilité des services de police.

Pourtant, ce ressenti ne reflète pas toujours la réalité du terrain. L'analyse statistique des interventions demande un important travail de tri afin d'isoler les faits réellement générateurs d'insécurité, tels que les agressions, bagarres ou rassemblements problématiques, en excluant par exemple les accidents de roulage. Or, notre expérience montre que ces faits surviennent principalement en journée. Les nuits de notre zone sont globalement calmes et les interventions concernent davantage des conflits interpersonnels, des vols dans véhicules, des dégradations ou des incidents liés à des événements – tels que des soirées – ayant lieu sur la zone.

Cette différence illustre bien que le sentiment d'insécurité ne dépend pas uniquement du nombre de faits constatés, mais aussi de l'environnement dans lequel ils sont perçus. L'éclairage public joue donc un rôle essentiel : il améliore la visibilité, renforce le sentiment de sécurité et constitue, aux côtés de la présence policière, un maillon important de la prévention.

Le sentiment de sécurité au féminin

Une étude menée par l’ASBL Garance montre que la manière dont une rue est éclairée influence fortement le sentiment de sécurité, en particulier chez les femmes. Un éclairage adapté, homogène et non éblouissant, qui limite les zones d’ombre et les contrastes trop marqués, favorise la visibilité et rend les déplacements plus rassurants.

À l’inverse, les rues et passages sombres ou isolés peuvent susciter de l’inquiétude et conduire à éviter certains lieux.

Ces observations invitent à rechercher un équilibre entre sobriété énergétique et qualité de vie, en portant une attention particulière aux rues secondaires, aux trajets piétons et aux passages, tout en limitant l’éblouissement. La réflexion sur l’éclairage public concerne ainsi à la fois l’énergie, la mobilité, l’accessibilité et le bien-être de toutes et tous.

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